17 – En Bolivie : le Sud Lipez et le Salar de Uyuni

17 - En Bolivie : le Sud Lipez et le Salar de Uyuni

17 – En Bolivie : le Sud Lipez et le Salar de Uyuni

Dès notre arrivée après le coucher du soleil dans un modeste hôtel de la banlieue de notre première ville bolivienne, Tupiza, la patronne, Célia, nous ‘vend’ habilement un tour du Sud Lipez. Nous avions déjà consulté plusieurs agences de La Paz ou Uyuni par email, et Célia paraissait tellement sympathique que nous avons conclu tout de suite : dès le lendemain matin à 8h30, après avoir laissé nos motos dans leur garage et mis tous nos sacs et valises dans le Toyota, nous nous asseyions à l’arrière du 4×4 Landcruiser ‘Los Salares’ ; à l’avant, David, le chauffeur, et Elvis, le cuisinier ; retour à Tupiza prévu au soir du 4ème jour. Dépaysement garanti : au lieu de la vision panoramique et du grand air que nous avons au guidon de nos motos, vers l’avant, le pare-brise est encombré de multiples pare-soleil, gris-gris et autres colifichets tricotés ; sur les côtés, des vitres fumées, à ouverture électrique qui s’avéreront ne fonctionner que difficilement avant 11 h le matin, le temps que la température dégèle les rouages… de toutes façons, les pistes sont tellement poussiéreuses qu’il vaut mieux maintenir les vitres fermées si on ne veut pas être asphyxié !

Plusieurs personnes nous avaient recommandé ce tour de quatre jours, et il faut reconnaître qu’il restera un des ‘clous’ de notre voyage. Dès la première nuit, nous dormions à 4.200 m d’altitude dans le petit village de San Antonio de Lipez ; et, pendant les trois jours suivants, nous n’avons cessé de rester sur l’Altiplano, entre 3.600 et 5.000 mètres. Nous n’avons pas du tout souffert du froid, contrairement à ce qui nous avait été promis, la température n’étant jamais descendue en-dessous de +5°C ; en revanche, la pauvre Véronique avait attrapé quatre jours plus tôt une rhinopharyngite lui bloquant les sinus, et son adaptation à l’altitude – malgré toutes les précautions prises – fut laborieuse… pendant une quinzaine d’heures comprenant la première nuit, assortie de diarrhée, vomissements et terribles maux de tête malgré la mastication assidue de feuilles de coca achetées sur le marché de Villazon, dès l’entrée en Bolivie, j’ai bien cru qu’il nous faudrait redescendre. Mais nous avions déjà tous les deux gravi les monts Kenya (4.985 m) et Kililmandjaro (5.960 m) et connaissions les symptômes vraiment alarmants de l’inadaptation à l’altitude ; dès le second jour vers 11h, Véronique se remettait à parler autrement que par gémissements et pouvait commencer à profiter du spectacle féérique et ininterrompu.

Cette province du Sud Lipez, tout au sud de la Bolivie, borde la Puna argentine et l’Atacama chilien ; elle est totalement désertique : San Pablo, son chef lieu, abrite 220 habitants, et toute la province de 22.000 km² n’a que 5.100 habitants, soit une densité de population de 0,23 hab/km², douze fois inférieure à celle de la Patagonie… L’Est de la province, par où nous sommes entrés, est une steppe désertique, érodée de quebradas, entre 3.700 et 4.400 m. Le Sud, le long de la frontière argentine, entre 4.500 et 5.000 m, est parsemé d’anciens volcans (Lipiez, Uturuncu), de lacs, de salines et de sources thermales. L’Ouest, le long de la frontière chilienne, est le prolongement du désert chilien de l’Atacama : la grande sécheresse n’a pas empêché la formation de toute un chapelet de lacs aux couleurs toutes plus étonnantes les unes que les autres, dans lesquels se reflètent les neiges éternelles des volcans de la frontière ; l’altitude s’apaise en remontant vers le nord et les salars de Chiguana et Uyuni, ce dernier étant le plus vaste du monde. Au Nord de la province, on retrouve le climat semi désertique de l’Altiplano avec quelques villages et plantations, notamment de quinoa. On rencontre des lamas et des vigognes dans presque toute la région, toutes sortes de flamands – roses, blancs, de la Puna… – dans tous les lacs. Et les pistes y sont assez mauvaises, surtout dans l’Est… : notre vitesse moyenne tournait autour de 35 km/h ; sachant que nous avons parcouru 1.010 km, nous avons donc passé près de 30 heures à l’arrière de notre Toyota !

A côté des exceptionnels spectacles de la nature que vous allez voir dans l’album ci-joint, celui des populations qui ont vécu ou vivent encore par ici interpelle les Occidentaux que nous sommes. La région est riche de multiples minerais, notamment d’argent, d’or, de cuivre, de platine. Depuis le XVIème siècle, des mines ont été ouvertes un peu partout, souvent à des altitudes ‘invivables’ ; lorsque les filons de minerai ont été épuisés, ou lorsque, plus récemment, les cours se sont effondrés, les villages créées à côté des mines ont été abandonnés, plus ou moins vite. C’est-à-dire qu’on ne cesse de croiser : soit des villages abandonnés et complètement en ruine ; soit des villages encore vivants, occupant quelques maisons au milieu de ruines, et tentant de maintenir à titre privé un reste d’exploitation minière dans les conditions qu’on imagine, loin de tout, avec quelques troupeaux de moutons et de lamas ; soit des villages requinqués par l’arrivée du tourisme, avec quelques constructions récentes. Malgré quelques panneaux solaires, 99% de la population n’a pas accès à l’électricité ; en revanche, des instituteurs d’élite maintiennent en vie partout des écoles primaires, voire secondaires. Quant à nous, les touristes voyeurs, nos logements ont toujours été extrêmement sommaires, que cela soit dans les villages ou les usines à touristes. Ce tour fut donc assez sportif au total ; et une superbe introduction à la découverte de la Bolivie, où, dit-on, ‘tout est possible, mais rien n’est jamais sûr’ ! Comme vous allez le voir, nous allons expérimenter cette devise bolivienne plus au nord… mais ce sera pour la prochaine fois !

Je vous rappelle qu’en ouvrant l’album Picasa joint en cliquant sur la légende de la photo en tête d’article, c’est parfois Google+ qui s’ouvre au lieu de Picasa Web, lequel ne permet notamment pas de lire les abondantes légendes dont j’illustre chaque photo. Il faut alors, dès l’ouverture, repérer en haut et au milieu de l’écran un bandeau jaune où il est écrit « Cliquer ICI pour revenir à Picasa ». (Attention, le message ne s’affiche pas très longtemps ; si vous ne le voyez pas, revenir en arrière d’une étape !). Il faut alors cliquer sur « ICI », et, miracle, tout l’album s’affiche sous forme de vignettes. Cliquer ensuite sur ‘Diaporama’ ; le Diaporama se lance alors avec la première photo…. puis faire comme le diaporama le propose : appuyer sur la touche F11 du clavier pour passer en ‘plein écran’… sur la touche Pause, et faire défiler soi-même ses photos à son rythme avec les flèches de direction du clavier.

Bonne lecture !

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