8 – Les chaleurs tropicales du Brésil et des Misiones

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8 – Au Brésil et Misiones

 

 

 

Nous étions un peu inquiets en abordant la frontière brésilienne, comme avant chaque frontière bien sûr (avons-nous bien tous les papiers nécessaires ?), mais aussi à cause de la circulation sur les routes et de la sécurité dans cet immense pays. Et puis le douanier nous chante la Marseillaise en découvrant que nous sommes Français ! La tension baisse d’un coup… et nous voilà sur les routes brésiliennes ! Nous remontons vers le Nord, donc vers l’Equateur, et il fait de plus en plus chaud et humide ; sur les monotones lignes droites de plusieurs dizaines de kilomètres, nos cuirs nous font mieux cuire que dans un hammam ; çà fume, le vent de la course rafraîchit un peu, mais il faut s’arrêter pour boire souvent : l’évaporation de la transpiration, c’est notre climatisation ! C’est la saison des pluies, ici, et donc, quoi qu’on fasse, nous savons que nous arriverons trempés comme des serpillères à l’étape. Soit qu’il aie fait beau, et donc chaud (jusqu’à 40° du côté de Joinville), par liquéfaction intérieure. Soit que nous ayons croisé une cataracte tropicale, et donc rincés par liquéfaction extérieure… Et Véronique assure comme un chef, aussi bien dans le trafic un peu dément des routes brésiliennes… que lorsque l’orage suivant de près la canicule, ce sont visière et lunettes qui s’embuent d’un coup ! J’en profite pour un petit couplet sur les odeurs… Il y a, certes, celle que nous dégageons le soir à l’étape… il y a surtout celle de la terre humide retournée par les bulldozers qui travaillent partout ici, par les fleurs des arbres de la forêt qui borde les routes, par les champs et les pâturages, les silos, les scieries, les tanneries… un festival pour nos narines enthousiastes… Ah, tous ces pauvres automobilistes dans leurs cabines climatisées qui ne savent pas les merveilles qu’ils traversent !

Les Etats que nous traversons – Rio Grande do Sul, Santa Catarina, Parana (au total 26 M. d’hab pour 600.000 km²) – sont très européanisés ; ils ont été colonisés par des Européens venus d’Europe centrale dont l’industrie et l’élevage n’avaient que peu besoin de main d’œuvre ; il n’y a donc par ici pratiquement pas de métis ou mulâtres… et relativement peu de Portugais. Même les communautés de pêcheurs de la presqu’île de Porto Belo viennent des Açores depuis le XVIIIème siècle ; s’il y avait des tribus indiennes à l’arrivée des Européens, les bandes armées des Bandeirantes ont bien fait le ménage aux XVII et XVIIIème s. ; on ne trouve plus que quelques ‘réserves’ d’Indiens Guarani en allant vers Iguaçu et le Paraguay. Les villes de Pelotas (0,35 M d’hab.), Porto Alegre (1,5 M d’hab.) ou Curitiba (1,8 M d’hab) sont essentiellement européennes, et… peuplés d’Européens venus du Nord ou du Centre de l’Europe ; rien à voir avec l’Argentine ou l’Uruguay, peuplées d’une immigration majoritairement italienne et espagnole. L’ambiance s’en ressent dès l’entrée au Brésil : le soir, à la tombée de la nuit, quand nous sortons nous dégourdir les jambes après la douche pour trouver un endroit ou dîner, les rues sont vides, quelques gens font encore la queue à la station d’autobus pour rentrer chez eux, des bureaux ont encore la lumière allumée : ici, on bosse ! Ici, on célèbre d’ailleurs les Bandeirantes ! Nulle part au Brésil nous n’avons croisé le ‘paseo’ du soir, où jeunes et vieux traînent dans les rues et sur les squares pour faire la fête. Ne cherchez sans doute pas plus loin pourquoi le poids économique du Brésil écrase aujourd’hui celui de l’Argentine… Mais pour nous voyageurs, il faut dire que nous préférons les pays qui font le ‘paseo’ ! Quel bonheur de le retrouver dès Puerto Iguazu, en entrant en Argentine ! Sans compter que les commerces y sont ouverts 7j/7 !

Vous verrez dans l’album de photo ci-joint quelques images du paradis qu’a été pour nous l’escale de Noël à Porto Belo, dans la maison de mon cousin Bertrand Côte, sur la plage de Zimbros : grande maison de vacances, posée sur la plage au milieu des maisons de pêcheurs, un peu comme devait être Saint Tropez dans les années 40 : une cohabitation bonhomme entre les pêcheurs Açoréens et la vague touristique, le sable blanc, la forêt vierge, la mer, les casiers à moules et huitres, le ski nautique, les tas de fesses, cuisses et ventres rougis par le soleil… les paysages nous rappelant un peu une île comme Anjouan, aux Comores. Bertrand est un de ces incorrigibles aventuriers des affaires, au Nigéria dès ses 24 ans, puis éleveur de bétail au Paraguay, avant d’émigrer au Mato Grosso do Sul ; sa femme Françoise est une cavalière émérite de concours hippiques, qui l’aide à gérer leur fazenda du Mato Grosso do Sul ; leur fils Marius, 19 ans, poursuit ses études en Grande Bretagne. Leur accueil nous permit de nous reposer de nos premiers 2.000 kms, et de terminer notre ‘mue’ de croisiéristes à motards : grasses matinées, ballades, aquarelles et blog ; quel Noël ‘en famille’ ! Cette cousinade, éloignée tant par le sang que par la distance, a révélé nos mêmes atomes crochus d’expatriés, autant que, semble-t-il, des qualités communes descendant sûrement des familles de la Brosse, Chaper ou Perrier, n’est-ce pas Bertrand ?!

Mais il fallait bien repartir ! Les chutes d’Iguaçu nous attendaient ! Nous y passerons deux jours entiers, sans trouver le temps d’aller visiter les magasins duty free du Paraguay voisin ; vous verrez dans l’album de photos joint ce festival d’eaux et de forêts !

La dernière étape avant notre retour à Buenos Aires nous laissera un souvenir impérissable. Marc, Toya et leurs trois enfants habitent une charmante maison de brique et bois à Candelaria, petite ville de campagne dans l’Etat argentin de Misiones, et vont bientôt déménager dans leur nouvelle maison de Posadas. Neveux éloignés du côté de Véronique, ils nous ont accueillis … le 31 décembre… comme des proches, avec chaleur et simplicité, malgré les coupures d’eau et d’électricité, comme si nous nous connaissions depuis toujours. Marc travaille d’arrache pied sur un projet de production de ‘stevia’, cette plante dont la feuille est un édulcorant naturel promis à remplacer un jour l’aspartam ; Toya est expert comptable ; ils gagnent leur vie tous deux en indépendants, à la maison : quel exemple de courage et d’esprit d’initiative … puissent-ils faire fortune avec leur projet !

Je ne vous parle pas en détail de l’intéressante visite que Marc nous a emmené faire dans les ruines de deux des ‘Réductions jésuites du Paraguay’ proches de chez eux ; l’essentiel est dans l’album ci-joint. Mais il faut croire que cette terre des ‘Misiones’ fertilise aussi l’inventivité de ses habitants : quelle magnifique utopie fut l’histoire de ces ‘Réductions’ !

C’est donc de chez ces jeunes Pincemin que nous sommes entrés en 2013. Le surlendemain, après 1.100 km de lignes droites par une température presque printanière, nous entrions dans l’immense banlieue de Buenos Aires, où Felipe nous attendait dans l’appartement de ses parents Claire et Laurent Stier. Quel plaisir que d’y séjourner ‘comme des Portenos’ ! Nous vous raconterons cela la prochaine fois.

En attendant, tous nos meilleurs vœux pour la nouvelle année !

Pour accéder à l’album de photos, cliquez sur le lien ci-dessous :

https://picasaweb.google.com/113501550221338298900/8AuBresilEtMisiones?authuser=0&feat=directlink

Ou sur la photo ci-dessus (la carte), puis sur sa vignette ou sa légende.

4 thoughts on “8 – Les chaleurs tropicales du Brésil et des Misiones”

  1. ah la quilmes!!!
    bien rafraichissante sous cette chaleur…on se souvient de 42° et 98% d’humidité a iguazu!
    on découvre Véronique en aquarelliste de talent, on confirme philippe en conteur-historien.
    abrazo

  2. Bonne Année à tous deux
    Qu’est-ce que je vous envie d’avoir chaud, et de voir toutes ces merveilles!
    Ici, nous sommes dans le “marais barométrique”; ciel indéfini, pas de lumière et la température qui baisse. Bravo à Véronique pour ces aquarelles si vivantes . J’ai gardé Sacha (raisonnable et plein d’imagination), et Esther (caline et un peu capricieuse) 4 jours à Montgrippon .
    Demain, je me fais opérer d’un pied et après… repos!
    Amitiés

  3. J’aime les descriptions techniques (poétiques? pas si sûre…) sur les évaporations et les liquéfactions (: C’est toujours comme ça, ceux qui sont au soleil pendant que nous sommes sous la neige doivent se plaindre qu’ il fasse si chaud. Aucune compassion désolé!

  4. Merci pour ces très belles photos qui nous font voyager devant notre écran…
    Meilleurs vœux pour cette nouvelle année de Montbives.
    Danielle et André

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