14 – De la côte dalmate au baroque germanique

14 - De la côte dalmate au baroque germanique

14 – De la côte dalmate au baroque germanique

 

En quittant l’Albanie vers le Nord en direction du Montenegro, la côte Est de l’Adriatique quitte ce qui fut pendant des siècles une aire ottomane pour entrer dans des pays dans lesquels l’Islam n’a jamais pu pénétrer sérieusement, contesté autant par la puissante Venise que par ce qui était le Saint Empire Romain Germanique. La frontière n’est d’ailleurs pas là seulement celle qui sépare l’Islam de la Chrétienté, elle est aussi celle qui sépare les Catholiques des Orthodoxes : la ligne de partage entre ces frères chrétiens correspondait plus au moins à la frontière entre les Empires romains d’Orient et d’Occident, entre les patriarches de Constantinople et de Rome. C’est donc une triple frontière que nous franchissons : nous quittons la mosquée pour l’église, le Patriarche pour le Pape, l’Orient pour l’Occident.
C’est de cette charnière de l’Europe méditerranéenne, autrefois appelée Illyrie, que nous sont venus, au troisième siècle, une douzaine d’empereurs romains, de ceux qui, avec notamment Dioclétien et Constantin, ont sauvé l’Empire pour au moins deux siècles. Le plus beau des spectacles que nous avons pu admirer est celui du Palais de Dioclétien, enfoui, à Split, sous près de 2.000 ans de constructions qui se sont intégrées dans les murs même du Palais, en laissant apparents non seulement ses remparts et ses façades, mais aussi ses temples, ses magasins, son mausolée et ses portiques, le tout étant aujourd’hui le cœur d’une ville de près de 200.000 habitants, dont 25.000 étudiants, avec ses places et palais à la vénitienne.
Nous ne savons comment vous dire mieux la beauté de cette côte dalmate en général qu’en vous invitant à parcourir l’album de photos : bordée de montagnes, d’îles et presqu’îles à n’en plus finir, c’était un fameux repaires de pirates dans l’Antiquité, et maintenant un paradis pour les voiliers comme pour les baigneurs à la recherche de criques et plages secrètes. Cette côte est de plus parsemée des trésors architecturaux bâtis grâce aux richesses de Raguse ou Venise. Nous l’avons parcourue en beaucoup moins de temps que nous l’aurions souhaité, par un temps idyllique, au milieu des mimosas en fleur, en nous promettant de revenir un jour à motos ou à la voile, au printemps ou à l’automne !
Quelques heures d’autoroute plus loin se profilaient les contreforts des Alpes, au pied desquelles se trouvent par exemple Zagreb et Ljubljana, aujourd’hui capitales de la Croatie et de la Slovénie. Bernard ne se sentait plus de joie au passage de la frontière slovène, porte d’entrée de l’Europe avec son drapeau bleu frappé des 12 étoiles, ses couettes germaniques, ses clochers à bulbe, les ors de ses gloires baroques. Les prés y sont, malgré l’hiver, d’un vert que nous avions oublié ; les skieurs profitent des remontées mécaniques même en milieu de semaine, nous y doublons des semi-remorques turcs avec une pointe de nostalgie, nos familles ne croient pas trop à notre retour en chair et en os. Brûlant les étapes, nous nous précipitons vers notre nouvelle vie de sédentaire par les autoroutes allemandes, à la fois impatients de partager de vive voix nos lumières plein la tête, et un peu inquiets de la métamorphose à accomplir pour nous dépouiller de notre peau de nomades.
L’hiver prochain, ins sha Allah, nous envisageons d’aller parcourir pendant quelques mois (5 ?) les routes d’Amérique du Sud, en commençant par rendre visite à nos cousins argentins et espérons pouvoir y enfourcher à nouveau nos motos. Si certains de nos lecteurs étaient intéressés à venir nous rejoindre sur tout ou partie d’un itinéraire à préciser, l’expérience automobile que nous venons de vivre … ainsi que la taille du continent… nous incitent à travailler sur un projet qui pourrait associer quelques motos à une voiture dans laquelle certains des voyageurs seraient capables de tenir un guidon. J’ignore si le projet est faisable, mais nous avons un peu de temps devant nous pour le faire mûrir ; comme vous le savez, je redoutais un peu l’expérience automobile (cf. Blog 2 « Etats d’âmes »), mais il est apparu qu’avec un effort modeste, même pour des sexagénaires acariâtres, le révélateur de caractères que constituent les aléas inhérents à un tel voyage fait partie intégrante de l’intérêt de l’aventure ! Alors, n’hésitez pas à nous contacter !
Avant de vous souhaiter une bonne lecture de l’album, j’attire à nouveau votre attention sur le bug Google+ : en cliquant sur l’image ci-dessous, vous êtes supposés être renvoyés sur Picasa pour y admirer nos photos en diaporama ; mais il arrive que vous atterrissiez sur Google+, où cette lecture en diaporama est impossible. Il vous faut alors repérer le message « “pour revenir à Picasa Album Web, cliques ICI” », et cliquer sur « ICI », éventuellement à plusieurs reprises.
Bonne lecture ! Et à bientôt !

14 – De la côte dalmate au baroque germanique

One thought on “14 – De la côte dalmate au baroque germanique”

  1. Nous pensons aller soit au Perou ou au Bresil autour de Noel prochain, les enfants y etant invités par oncle Tristan, peut etre que nous pouvons vous y retrouver? Qu’est ce qui vous arrange le plus vers la fin decembre: Bresil ou Perou? En effet il y a peu de temps pour preparer un tel voyage! Bon courage!

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