3 – de Yuanyang à Lijiang

J5 : Yuanyang et ses terrasses inondées

Hier soir en nous couchant, pour la première fois depuis que nous sommes en Chine, nous apercevons des étoiles dans le vent du nord. Et ce matin, magique, on voit du ciel bleu, le brouillard s’est levé, et, dès 7h30, nous contemplons les fameuses terrasses des champs de riz, inondées en cette saison, qui brillent au soleil depuis la terrasse de notre hôtel.

Si vous voulez un peu plus de photos et d’explications sur l’incroyable spectacle de ces rizières inondées de la région de YuanYang / Xinjie, rendez-vous sur le petit album Google Photos qui s’ouvre en cliquant sur ce lien : Les rizières inondées de YuanYang Xinjie.

Notre guide, prénommé KOH, nous emmène ensuite au marché hebdomadaire du village de Shengcun. Véronique y fait des folies pendant que nous nous régalons de portraits : ici se mêlent des tribus venues des Vietnam, Laos, Birmanie et Tibet voisins.

Wanadoo n’autorisait que 10 photos par envoi, alors j’ai dû choisir un peu au hasard parmi les plus de 300 photos de la journée ! Mais maintenant, vous pouvez en apprendre plus sur les minorités ethniques Yi et Hani,  ainsi que vous régaler des portraits de ce marché en cliquant sur l’album Google Photos “Le marché de Shengcun (Yunnan)“.

Nous faisons beaucoup de rencontres, toutes très amicales, et serions bien restés un peu plus longtemps, mais demain soir, nous devons à nouveau être à Kunming pour un train de nuit (“super luxueux” nous a-t-on promis) qui, en près de 10 heures de temps, va nous emmener jusqu’à Lijiang, dans le “Tibet chinois”.

J’espère que j’aurai un peu plus de temps à l’avenir pour vous écrire un peu plus en détail, car chaque jour, je règle des détails cruciaux comme les séparateurs d’adresse sur Wanadoo ; ne plus disposer de Google, c’est très compliqué au quotidien !

A bientôt, mais sans doute pas avant Lijiang !

Nous vous embrassons !.. avec le “Poème de route n°5” de Bernard !.

Et le quatrième jour tout devint merveilleux :
Des étoiles dans le ciel, le soleil dans les yeux
Les rizières luisantes accrochées sur les pentes
Le tout dans une auberge faite pour la détente.
Foin de dithyrambie il fallut y arriver
Une fois l’accident de camion dépassé
La nuit était tombée, le brouillard toujours là
Les chauffeurs en retard pressés d’aller en bas
Idem à la montée d’où croisements difficiles
Koh a accéléré et doublé à la file.
Une fois dans la vallée il fallut remonter
On voyait à 2 mètres, juste devant le capot
Heureusement quel  as du volant l’ami Koh
Nous sommes arrivés chez Jacky à Duoyishu
(Va donc faire des rimes avec ces noms, mon chou !)
Une célébrité du monde des routards
Qui nous a accueillis bien qu’il soit assez tard.
Récompense ce matin un lever de soleil
Dans un ciel bleu et blanc, c’est un rêve au réveil
Après trois jours de gris, pas mauvais, mais pas beaux.
À nos pieds la vallée dans la brume, que d’eau !
Les clients au p’tit déj disaient qu’on a du pot
La veille dans le brouillard, ils avaient le cœur gros.
Nous sommes alors partis dans le parc naturel
Qui couvre les rizières car elles sont si belles
Que l’monde entier défile  pour  les photographier
Ainsi que les tribus qui sont domiciliées
Dans des maisons très sobres ou en béton très laid.
Nous avons commencé au marché animé
De Chengcun où l’on a admiré les étals
Et les femmes bien sûr en costume local.
Nous n’avons pas manqué de faire des achats
Mais je n’en dirais rien c’est un secret d’état.
Le reste de ce jour nous avons bien marché
Tout autour de rizières la plupart inondées
Enfin nous sommes rentrés et au lieu de repos
Je me gratte la tête pour vous écrire ce mot !

J6 : La forêt de pierre de Shilin

Très longue journée hier pour redescendre de nos 1800 m d’altitude, dans le brouillard revenu, à 200 m d’altitude, jusqu’à traverser le Hong He (Fleuve Rouge), ce grand fleuve qui descend jusqu’à la mer de Chine en traversant Hanoï,  puis remontée à 1.700 m par une route large mais encombrée de gros poids lourds polluants. Ce fut très instructif de partager les risques de la route chinoise ! Après une halte déjeuner d’un très grand bol de nouilles et porc au bord de la route, nous attrapons l’autoroute pour rejoindre d’abord Shilin, où une célèbre “forêt de pierre” est une attraction très courue par les Chinois. Le temps est bas, gris, brouillardeux, sans aucune lumière, il fait froid, le cœur n’y est pas, d’autant plus que ce soir, il n’est pas question de rater notre train de nuit pour le Tibet chinois, à 21h30 à Kunming, dans encore 100 km. Véronique traîne toujours sa bronchite comme ses pieds ; elle a dormi tout le trajet et est heureuse de se dégourdir les jambes.

Après une entrée dans Kunming (4 millions d’habitants) à travers d’énormes embouteillages sous d’aussi énormes échangeurs autoroutiers, notre chauffeur depuis 3 jours, Koh, nous dépose devant un restaurant à 3 pas de la gare d’où nous étions partis il n’y a pas trois jours. Comme d’habitude, Google Translate et des clients de tables voisines viennent dans la bonne humeur nous aider à faire notre choix dans ces menus mystérieux.

Dîner

Une heure plus tard, nous rejoignons notre salle d’embarquement, toujours aussi impressionnante,

Gare

après que je me sois fait arrêter à la sécurité à cause de mon couteau suisse, dont j’ai dû casser la lame pour ne pas l’abandonner (la policière, l’air sévère : “You don’t think you’ll board the train with that knife ?”). Trois jours plus tôt, ils n’avaient pas fait tant d’histoires. Il faut se rappeler qu’il y a trois ans, une vingtaine de passagers avaient été tués dans cette même gare à l’arme blanche par des musulmans du Sinkiang…

Nous découvrons alors notre train couchette pour les 500 km et 9 heures qui viennent. Notre agence nous a trouvé un compartiment VIP tout à fait confortable, où nous avons dormi à poings fermés, bercés par les roues du train, les passages dans les innombrables tunnels, et les klaxons incessants de la locomotive.

Affections à tous !

Poème de route n°6“:

Avons quitté Jackie avec force émotion
Nous étions si bien dans sa vieille pension
Accueillis en anglais et des photographies par Jackie
Et ses deux acolytes, des femmes du pays.
(Sachez que cinq tribus se partagent la vallée
En tranches horizontales et champs privatisés).
Il pleut des hallebardes et le brouillard s’y met.
Koh est assez prudent i, il a le pied léger
Le long du fleuve Rouge qui file vers Hanoï
Un chantier d’autoroute occupe bien des boys
Des camions, des engins, des travaux titanesques
Pour aller au Viêt-Nam et ses lieux touristiques,
On ne voit pas quoi d’autre ! Sauf avoir des visions.
De col en autoroute  sans arrêt avançons,
Nous atteignons Shillin en cours d’après-midi
Le Disney du Sichuan pour les grands et petits.
La célèbre Forêt de Pierres classée par l’UNESCO
Merveille naturelle, Païolive en plus gros.
C’est bien aménagé, comme un piège à touristes
Des rochers innombrables, mais la lumière triste
Nous gâche le plaisir. Notre tour fût donc bref.
Je vous écrit ce soir dans le train de Lijiang
Où nous passons la nuit (ça vous fait une belle jambe)
Et bien sachez pourtant que dans les trains chinois
Les wagons-lits pour VIP ont un bon matelas,
Un service attentif et de plus sont à l’heure.
J’essaye de rattraper mon retard dès demain
Mais préfère visiter Lijiang et ses recoins.

J7 : Lijiang

Et le lendemain matin – heureusement que Lijiang est le terminus ! – petit moment de panique quand nous réalisons que le train arrive avec une demi heure d’avance, c’est-à-dire à 6h20… Il fait nuit noire, mais le ciel est constellé d’étoiles. Nous sommes à 2.400 m d’altitude, mais le froid n’est pas mordant. Impossible d’arriver à cette heure à notre auberge ! Nous attendons le lever du jour au “buffet de la gare”. Il n’y a que Véronique qui a mal dormi avec sa toux persistante ; il va falloir prendre les grands moyens ; heureusement que nous avons des médocs de choc dans la pharmacie !
Un taxi nous pose à 300 m de l’hôtel, tout le centre ville de Lijiang est piétonnier. Le soleil se lève, c’est le grand beau temps, la lumière est magique.

Vers notre hôtel

Après une douche, Véronique repart sous la couette rattraper son sommeil pendant que je pars avec Bernard escalader la seule colline de la ville en haut de laquelle se trouve une grande pagode… et une vue stupéfiante sur les toits de la ville et le “Dragon de Jade” (5.600 m).

Ballade au temple de Wan Gu Lou
Ballade au temple de Wan Gu Lou
Ballade au temple de Wan Gu Lou

La ville est essentiellement construite de maisons en bois, les rues pavées de dalles de pierre usées par le temps, enjambant les nombreux torrents à ciel ouvert qui la traversent : il s’agit de l’ancienne capitale du royaume Naxi, 300.000 habitants, aujourd’hui envahie par les touristes.

Nous poussons la promenade sous un soleil printannier jusqu’à l’étang du Dragon Noir et son célèbre pont aux cinq arches dit “de la Ceinture du Mandarin” : avec le “Dragon de Jade” en fonds de tableau, c’est tout bonnement superbe !

Parc de l’étang du Dragon Noir, et Pont de la Ceinture du Mandarin – Montagne du Dragon de Jade 5.596 m
Parc de l’étang du Dragon Noir, et Pont de la Ceinture du Mandarin – Montagne du Dragon de Jade 5.596 m

Demain, nous partons à Shangri La, l’ancienne Zhongdian, à 3.200 m d’altitude, en espérant pouvoir apercevoir le Yang Tzé-Kiang grondant dans les Gorges du Saut du Tigre !

Bonne nuit à tous, avec le ‘Poème de route n°7” !

Lijiang, terminus à 2600 mètres
Extrémité Est de l’Himalaya certes
Ravagée y’a 20 ans par un tremblement d’terre
Aujourd’hui reconstruite et qui a l’air prospère.
Nous débarquons du train à 6 heures et demi
Il ne gèle même pas,  hébétés par la nuit
Pour aller à l’hôtel, nous prenons un taxi
Une chouette maison en bois dans la vieille ville
Autour  d’une belle cour, managé  par deux filles.
Une bonne douche et hop, en avant la visite
Pour Philippe et pour moi mais pas pour Véronique
Dont le rhume d’exception met sa tête dans le potage.
Elle a beau la combattre, la maladie fait rage.
Elle va donc dormir et tousser et dormir
Pendant que les deux vieux que ça ne fait pas rire
Partent en reconnaissance dans la cité ancienne
Sorte de Chamonix où les radios sans doute
Reprennent le refrain « La monnaie, prend la toute »
On voit dans chaque rue des offres étonnantes
Pour essayer de vendre avec marge importante
L’inutile  à un prix élevé à un point
Que pour acheter çà il faut être crétin.
Mais ce mercantilisme n’altère pas la beauté
Du ciel bleu, des montagnes à 5500 mètres
Et des maisons en bois, toits pointus et fenêtres
Des jardinets fleuris, des temples colorés
Des ethnies en costumes (pour demain au marché)
Mercredi nous reprenons la route en voiture
Jusques à Shangri-La au cœur de la nature.

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