3 – En Castille

3 - La Castille en hiver à motos

3 – La Castille en hiver à motos

A chaque fois, je me fais avoir ! Il m’avait dit : « mais non, cette fois, on part pour six mois, on aura tout notre temps », et « mais non, on part vers le Sud, la Méditerranée, il y fait toujours beau et chaud », ou encore « Tu n’as rien à préparer, je m’occupe de tout ».
Dès la frontière espagnole passée, pour notre première nuit à Barcelone, la réception nous demande bien sûr nos passeports. Lui : « je l’ai oublié à Paris ! ». Moi : « Mais non, cherche, il est sûrement quelque part ? ». Lui : « Non, non, je suis sûr, je l’ai laissé dans le tiroir du secrétaire jusqu’au dernier moment, et ne l’ai pas pris ». Moi : « Mais tu as besoin d’un passeport pour entrer au Maroc ?! » Lui : « Oui, je sais, j’ai tout préparé, mais j’ai oublié mon passeport ; il faut demander à Charlotte de nous l’envoyer par DHL avant l’entrée au Maroc, à Madrid, dans 2 jours ». Charlotte et Stoned squattent notre appartement avec leurs 4 garçons ; le passeport est effectivement dans le tiroir du secrétaire ; demain jeudi, elle le fera envoyer par DHL à la première heure à notre hôtel à Madrid. Il sera à l’hôtel vendredi matin. Philippe envoie un mail à l’hôtel la veille de notre arrivée, pour les prévenir. 700km plus loin (il m’en en aura fait faire 1000 en 3 jours … – on a tout le temps), et 10°C plus frais (on a carrément tourné le dos à la Méditerranée), l’hôtel nous confirme qu’ils ont bien reçu ce matin un courrier pour nous, mais qu’ils l’ont renvoyé, n’ayant personne à ce nom chez eux ; que c’est leur fils qui reçoit les mails, et qu’il ne les a pas prévenus ; qu’ils n’ont pas pensé à regarder le carnet des réservations ; que c’est la première fois que cela arrive ; qu’ils sont désolés, (tu parles !) d’autant plus qu’on est vendredi soir et que DHL est fermé samedi et dimanche. Il n’est que 17h30 ; ce n’est qu’à 18h qu’on saura si notre passeport est revenu au bureau de DHL. Et s’il est bien revenu, il faudra être au bureau DHL de l’aéroport Barajas (à 25 km) avant 20 h … sinon, ils pourront relivrer lundi, date à laquelle nous sommes supposés être entre Avila et Tolède … Nous partons à 18h45 vers l’aéroport sans avoir pu obtenir d’indications pour savoir où se trouve DHL ; après une course dans les embouteillages et les méandres des autoroutes de Barajas, nous finirons par trouver le « terminal de carga », serons devant le guichet de DHL à 20h05 … et réussirons à le récupérer. 5 jours plus tard, ce sera à lui de ricaner !
Il a bien essayé de me prévenir que la météo n’était pas bonne ; et que l’Escorial, Ségovie et Avila étaient en altitude. Et j’ai eu beau lui dire que dès que je verrai de la neige, je ne bougerai plus, on ne se refait pas. L’Escorial était magnifique en couleurs d’automne. Au puerto de Guadarrama (1511m), on voyait bien que la neige n’était pas loin, mais la route était vraiment belle … et sèche. A Ségovie, il a commencé par me faire faire un tour, à moto, de la ville piétonne, avec des lacets sur de petits pavés dans des rues pentues à 40% et à peine assez larges pour les motos ; il faisait un froid de « gueux » le soir pour visiter l’Aqueduc romain et les églises romanes. Le lendemain matin, il bruinait fort, et, entre les bourrasques, on voyait bien que la neige tombait là où on était hier. Après plusieurs cafés en ville, la neige tombait sur Ségovie, et l’heure tournait. Il m’a alors fait m’habiller de tout ce qu’on a de disponible contre la pluie et le froid … et, 70 km plus loin, on est arrivé sur une vue superbe d’Avila, dans ses remparts sur fond de Sierra enneigée. Le lendemain, le Puerto de Paramera (1395m), bien que sous la neige avec un vent à décorner des toros furiosos, n’était qu’une formalité car la route, bien que blanchie par le sel (et non pas le verglas comme je l’ai cru), était sèche, n’empêche que j’ai serré les fesses ou plutôt les genoux pour un motard. Dès le col passé, nous redescendions vers des lumières et des couleurs d’automne, et la température reprenait 10°.
Cela fait maintenant deux jours entiers que nous sommes à Tolède, dans un hôtel au cœur de la vieille ville médiévale, à deux pas de la cathédrale ; il y a tant de beautés à découvrir, entre les passés wisigoth, arabe, juif et surtout catholique, de ce catholicisme qui encore ce matin, fait décorer la cathédrale d’une banderole affichant « pour Dieu et pour l’Espagne, avec nous la Vierge vaincra » !
On s’y sent tellement bien que ce matin, j’ai cherché en vain dans toute notre petite chambre mon sac à main. Mon sac rouge, que je porte toujours en bandoulière ; celui dans lequel je range entre autres tous les doubles de mes papiers ; et puis d’ailleurs aussi, hier soir, les originaux, et nos espèces … Depuis le temps que je dis à Philippe qu’il fasse plus attention à ses papiers ! Mais il n’y a rien à faire, le sac n’est pas dans la chambre … je l’avais laissé hier soir sur la chaise du restaurant, et ce matin, le restaurateur me l’a rendu avec le sourire … et l’intégralité de son contenu. Ouf !
Un voyage initiatique qu’il disait ! Si les voyages forment la jeunesse, nous avons encore beaucoup à apprendre ! J’ai eu trop peur pendant une heure ! J’en suis à peine remise !
Merci à tous ceux qui pensent à nous ; n’hésitez pas à continuer à nous abreuver de nouvelles de chez vous ; vous voyagez avec nous.
Demain matin, nous partons sur l’Andalousie, plein Sud, vers Cordoue. On devrait vous écrire à nouveau avant de passer Gibraltar.
Hasta luego !

10 thoughts on “3 – En Castille”

  1. Bon, vos aventures passeportesques me rassurent, il n’y a pas que moi à égarer mes papiers : tout perdu en septembre dernier en remontant de Russan, oublié mon sac sur la chaise du troquet à Lons Le Saulnier, mais je n’ai rien pu retrouver. Heureusement que le porte monnaie et la CB étaient dans ma poche ! Allez expliquer aux flics de Bruxelles, au retour, que je ne peux pas présenter de pièce d’identité à l’appui de ma déclaration de perte, puisque, précisément … Je suppose que vous passerez par Séville, et si vous n’y logez pas (c’est très cher, à mon avis), allez au moins boire un verre dans le patio de l’Hotel Alphonse XIII, ça vaut le coup d’oeil.
    On vous embrasse en attendant la suite de vos aventures.
    Jean-Paul & Claude

  2. bonjour a tous les deux

    pour nous tout va bien .
    Marie Noelle et Christophe sont venus hier soir

    et leur bébé se fait attendre.
    Marie Noelle est tres belle comme dit Phillipe
    nous vous embrassons

    Marie Noelle telephone a l instant
    toujours rien

    Andre Marinette

  3. je viens de dévorer vos récits d’aventure d’une traite. super !
    je pense à vous et vous envoie des pensées bien chaleureuses.
    bonne route et gros bisous. céline

  4. Nous prenons connaissance de vos dernières aventures à
    Sante Fe(Nouveau Mexique) en “road trip” vers Tucson (Arizona). Voyage familial, avec mon frère et ma belle soeur . Vivant au Minnesota depuis bientôt 30 ans, ils ont depuis quelques années pris l’habitude de passer l’hiver sous des cieux plus cléments.

    Vos histoires de passeport et de papier sont extremement réconfortantes; ouf ! je ne suis pas la seule à perdre ou du moins égarer mon sac.
    Profitez de l’Espagne et de ses villes si riches d’histoire. J’ai eu moi aussi un coup de coeur pour Tolède…
    Merci de nous faire partager votre voyage à travers ce blog et vos photos.
    Nous vous embrassons. and take care
    Hervé et Mariette

  5. Un bonjour de Montbives recouvert d’un léger manteau neigeux.
    Nous suivons, avec l’aide de notre fille, votre périple en moto (quel courage).
    Merci de nous faire partager ces très belles photos.

    Danielle et Dédé

  6. très vives félicitations à Marie-Noëlle et Christophe, et beaucoup de voeux très affectueux pour Lea et pour eux !

    on pense beaucoup à vous et on vous souhaite une très bonne année 2010, avec de gros progrès en arabe, pour commencer.

    bravo à tous les perrin, et que Philippe et Véronique restent prudents : les grands-parents conservent une certaine utilité pour leurs familles, malgré les apparences ! Souvenez-vous que les routes marocaines sont plus dangereuses que les routes françaises !

    je vous embrasse tous,

    bernard

  7. De retour en France, je reprends contact avec votre superbe aventure motorisée. Je vois que le voyage se passe avec ses petits désagréments qui font le charme d’une belle aventure !
    De retour d’Argentine le 24 décembre, après une très belle expédition haute montagne au sein d’un massif reculé et peu fréquenté des Andes, où, avec un argentin, nous avons exploré un nouvel itinéraire sur une montagne reculée, le soleil au rendez-vous, mais des vents très violents. Pour la petite histoire. nous avons nommé la nouvelle voie “Veronica y seis hijos”.
    Bien pensé à vous. Amitiés et meilleurs voeux pour la suite du périple ! Henry.

  8. Philippe
    j’ai été au crédit lyonnais avec Christine pour l’association, ils doivent mettre à jour les dossiers, nous avons fourni tousles papiers demandés sauf la photocopie de ta carte d’identité, s’il te plait si tu trouves un moyen de l’envoyer par fax au 01 43 43 43 58 ou en pièce jointe à mon adresse courriel….
    nous dissolurons l’association quand tu seras rentré, pour le moment nous versons aux paroisses qui accueillent mes spec
    tacles des dons pour subventionner mes représentations. Bientot les caisses seront vides et on fermera la boutique
    Merci pour tout et bon voyage
    pierre

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