6 – XI’AN

J12 : Xi’an

Ce soir, nous sommes à Xi’an, après 4 heures d’un tout nouveau “Bullet Train” depuis ChengDu. Nous filons  à travers la campagne, par viaducs et très longs tunnels, à une vitesse comprise entre 200 et 240 km/h, et ne marquons que quelques arrêts en nous dirigeant vers le Nord Est.

Et nous voilà à Xi’an, l’ancienne capitale Changan, porte de la Route de la Soie !… depuis le temps que je rêve d’y être en ayant parcouru les 12.000 km de routes qui la séparent de Paris ! Et nous y restons trois jours pleins, histoire d’en faire le tour un peu sérieusement.
Les quatre heures de train sont vite passées, avec l’étonnant paysage de la Chine se déroulant (beaucoup trop vite !) sous nos yeux, entre campagne profonde, barres d’immeubles, et d’interminables tunnels pour passer à travers les chaînes montagneuses ; nous avions prévu 17 h de train de nuit pour ce trajet, mais la ligne Chengdu-Xi’an a été inaugurée la semaine dernière, et nous avons pu profiter immédiatement des premières réservations.

A la nuit tombante, nous faisons nos premiers pas dans ce très “vieux” centre commercial, entouré par de formidables remparts de 14 km de long. En attendant, ce soir, après avoir déposé nos valises à l’auberge de jeunesse, nous filons juste apercevoir la fameuse Tour de la Cloche

La Porte de la Cloche

– sa jumelle la Tour du Tambour (l’une annonçait l’ouverture des portes le matin, l’autre leur fermeture le soir) étant malheureusement en restauration sous d’épais échafaudages. Nous irons ensuite nous chercher un restaurant dans le quartier “Hui” (les Hui sont des Han convertis à l’islam) à proximité… et nous tombons là dans un vrai souk, dont la moitié des étals sont tenus par des femmes aux voiles charmants, pendant que les hommes battent inlassablement les pâtes de sésame ou d’amande. Orgies de figues, dattes, grenades, noix, bananes, viandes, pâtisseries. Il nous faudra revenir de jour ! Ci-dessous quelques portraits :

Quartier Hui. Rue Beiyuanmen
Quartier Hui. Rue Beiyuanmen
Quartier Hui. Rue Beiyuanmen
Quartier Hui. Rue Beiyuanmen
Quartier Hui. Rue Beiyuanmen
Quartier Hui. Rue Beiyuanmen
Quartier Hui. Rue Beiyuanmen

Mais demain, nous mettons le cap sur la fameuse armée de soldats de terre cuite de l’empereur Qin, Shi Huanding Ling (IIIème s. avant JC).

Bonne nuit !

Poème de route n°12 :

Nous quittons ce dimanche Chengdu en TGV
Tout neuf car cette ligne vient d’être inaugurée.
Je reviens d’abord  sur la soirée d’hier.
Darrell nous invitât, ce fût extraordinaire
Nous étions sept convives : Camille – habillée 
Chemisier Léonard – sa marraine adorée,
Le beau-père en comique, Phil et Véro Perrin,
Et le Chef Marlon Chen, sympa, Américain,
Dans un resto très classe où nous avons mangé,
Outre dix petits plats, un vrai canard laqué.
Le cadre était superbe, le service impeccable,
Nous étions dans un rêve en nous mettant à table.
La conversation fût des plus animées,
Très libre voire coquine quand nous avons compté
Jusqu’à soixante-neuf à propos de Pandas
Que personne n’avait encore vu comme ça.
Reçus pendant trois jours, traités comme des princes
Nous remontons vers Xi’an dans une autre province,
Qiniing, c’est une porte des routes de la soie
Autant dire que pour moi ce n’est pas sans émoi.
Xi’an est archi connu pour ses terracotta
Armée de terre cuite de milliers de soldats.
Nous vous raconterons, ce ne sera pas rien
Pour l’instant le train roule, il fait beau, tout va bien.

J13 : Xi’an et l’armée des soldats de Qin

Bonsoir tout le monde ! Il est 20 h déjà, et nous avions rendez-vous avec Bernard il y a 1/2 heure pour aller dîner, mais j’ai passé trop de temps à extraire 10 photos de cette journée magnifique passée dans les fosses de l’Armée aux 10.000 soldats de Terre Cuite de l’empereur Qin (IIIème s. avant JC, soit à peu près en même temps qu’Hannibal et 100 ans après le grand Alexandre si mes souvenirs sont bons, Internet est vraiment trop lent ici pour que je perde du temps à aller vérifier !).

Pour aller à cette armée enterrée en partant du centre de Xi’an (5,5 M d’hab), il faut marcher 40′ pour arriver à la gare routière en longeant les murailles de la ville,

Sous les murailles de Xi’an

puis prendre le bus sur 42 km (1 h). Il nous pose dans un immense complexe touristique avec plein de corrals à touristes un peu façon Pont du Gard ou maintenant le Mt St Michel. Heureusement que nous étions en hiver : très peu de touristes sous un immense soleil glacé. Je ne vous refais pas l’histoire de l’empereur Qin, tout premier empereur de la Chine en 221 BC. Il faut juste savoir que, pendant les trente six ans précédant sa mort, on estime qu’il mobilise 700.000 personnes pour lui creuser des tranchées autour de sa tombe, les paver de briques, les séparer par des murs de bois, y mettre une armée de 10.000 soldats cuits pièce à pièce à partir de deux douzaines de modèles de moules (têtes, mentons, moustaches, coiffes…), recouverts d’une fine couche d’argile puis de peinture polychromique (il n’en reste pas grand chose) pour les fignoler afin que chacun soit différent : voltigeurs, éclaireurs, fantassins, chevaux et cavaliers, chars, arbaletiers et archers, officiers et hommes de rang, toute cette armée est en ordre de bataille, tournée vers l’Est, où se trouvaient pour eux les barbares. L’ensemble fut ensuite recouvert de plafonds en bois, de nattes et de terre, et ne réapparut au jour qu’en 1979, quand des paysans remontèrent des objets bizarres du fond du puits qu’ils creusaient. On peut encore apercevoir la trace des solives sur les murs de terre, quand le soleil rasant de l’hiver arrive à pénétrer sous le gigantesque hall.

A quelques kilomètres de là furent découverts deux quadriges extraordinaires faisant partie du même ensemble : les chevaux et conducteurs sont en terra cotta, et les chars en bronze.

L’ensemble des personnages fut découvert en miettes, et il en reste des milliers à reconstituer. Il fallut huit ans pour reconstituer les quadriges. Des archéologues continuent à travailler sur le site.

De retour à Xi’an, comme nous avons acheté cette fois des timbres à un prix suffisant pour l’Europe, nous espérons que quelques heureux d’entre vous recevront un jour une carte postale de Chine !

Nous sommes revenus d’un dîner hâtif et culinairement peu intéressant, il est 22h30, et je vous souhaite à tous une bonne nuit, en compagnie du “Poème de route n° 13” de Bernard !

La gare de Xi’an-Nord est un vaste vaisseau
De béton et de marbre, reliée au métro
Qui, en un rien de temps, vous conduit jusqu’au centre.
On constate en Chine tous ces contrastes entre
La grande modernité des infrastructures,
Des villes ceinturées d‘autoroutes, de voitures
Et des campagnes laissées à l’écart du mouvement
Dans une forme ancienne, marquées de dénuement.
Xi’an un dimanche soir, ses boutiques animées
Le marché où l’on peut manger à satiété
Toutes sortes de plats vendus dans une rue
Du quartier musulman, le premier qu’on ait vu.
Vous verrez les photos de cette animation
Il vous manque le bruit et les trépidations
De la foule, des marteaux qui tapent sur la pâte
Pour l’amollir sans doute mais aussi pour l’épate.
Xi’an, porte essentielle de la route de la soie
Est mondialement connue pour ses terracotta
Armée de soldatesque par milliers en argile
Enterrés en hommage à leur chef éclatant
L’empereur Qin Shi Huangdi le grand.
Il y a trois hangars où se trouvent les fouilles
Encore en train, bien sûr sous les yeux de la foule
Les plus beaux spécimens sont déjà réparés
C’est-à-dire  les morceaux de chacun bien collés
C’est très impressionnant car ça date de 300
Avant notre ère, oui, mais le plus étonnant
C’est qu’en métallurgie ils avaient découvert
Le cuivre, l’inox, l’acier dont ils étaient couverts.
Bref un très grand moment d’histoire de la Chine
Du temps de sa grandeur qui n’était pas minime.

J14 : Xi’an, capitale des Tang

Journée “tranquille” à Xi’an aujourd’hui, pendant laquelle, bien que sortant de l’hôtel en même temps que le soleil de l’horizon,

Véronique à l’auberge

Véronique griffonant déjà ses notes

nous n’avons “fait” que la moitié du programme que nous nous étions fixés ! Après avoir escaladé la fameuse Tour de la Cloche aperçue le soir de notre arrivée

La Tour de la Cloche

au loin, sous ses échafaudages, sa jumelle, la Tour du Tambour

et repris une 2ème fois le métro,

Dans le metro de Xi’an

le métro toujours super propre, super efficace, super lumineux, ici comme à Guangzhou ou Chendu

nous allons passer deux heures au grand musée de “l’Histoire du Shaanxi”. C’est toute l’épopée de la Chine depuis la préhistoire jusqu’à l’an 1000 (date à laquelle le pouvoir passera, plus à l’Est, à LuoYang, puis Nankin ou Pékin) qui défile sous nos yeux. Je ne vous présente ici que deux objets de l’empire Tang (618-907 EC), qui a envoyé ses marchands jusque sur les côtes de la Méditerranée ou de l’Afrique : cette adorable petite “femme tenant un miroir”, dont la polychromie a bien résisté au temps

Musée de l’Histoire du Shaanxi

et cet infuseur à thé…

Musée de l’Histoire du Shaanxi

mais non, Véro, il s’agit d’un brûleur d’encens… mais pas n’importe quel brûleur d’encens : l’encens y brûle dans n’importe quelle position car il est monté sur une cage gyroscopique ! On peut l’emporter partout, même dans son palanquin !

Petite promenade à pied ensuite, après avoir fort bien déjeuné, par des jardins et jeux d’eaux parsemés de statues en bronze

La Grande Pagode de l’Oie Sauvage

jusqu’à la “Grande Pagode de l’Oie Sauvage” (VIIème s.),

La Grande Pagode de l’Oie Sauvage

tour de 64 m de haut que nous avons escaladée, plantée au milieu d’un grand monastère bouddhiste qui a pour vocation, depuis sa construction, de conserver les précieux manuscrits qu’a rapportés d’Inde, en l’an 647, le célèbre moine-routard Xuanzang parti de Chine 20 ans plus tôt.

Nouvelle course ensuite pour arriver sur les murailles de la porte Sud des remparts

Les murailles de la Porte Sud –

où se tient tous les jours à heures fixes une parade de soldats habillés dans la tenue des Tang,

La parade des soldats Tang, bon, d’accord, du toc pour touristes !

puis avant la tombée de la nuit au monument élevé à la gloire de la Route de la Soie dans la banlieue Ouest de Xi’an. Mais là, si nous avons fini par trouver le monument,

Monument de la Route de la Soie

c’était d’autant plus nuit noire qu’il n’était pas éclairé du tout !

Bonne nuit ! Demain, nous sommes à Pingyao, 500 km plus au Nord-Est !

Poème de route n°14” :

Malgré son beau métro qui pourrait inspirer
Le vieux bureau d’études de la RATP,
Xi’an nécessite une bonne paire de souliers
Car cette ville est celle de la marche à pieds.
De la tour de la Cloche au Musée du Shaanxi
Ce sont des kilomètres, sans prendre un seul taxi.
Ce Musée, parlons-en montre les divers clans
Qui se sont succédées depuis 4000 ans:
Les Chang, les Tang, les Ming qui ont unifié
La Chine en un empire géant, développé,
Féodal, inventif, peuplé d’aventuriers
C’est de Xi’an que partent les routes les plus variées
Pour des échanges de soie contre techniques et idées.
Ces échanges ont bien sûr ouvert tout grand la voie
À beaucoup de richesse, d’influence et tout ça.
Après une longue marche, pour atteindre la pagode
Dite de l’Oie Sauvage où grimper est commode
Nous avons pris d’assaut les colossaux remparts.
Encore des escaliers, mais – disait le Routard –  
Il y avait  défilé de soldats d’opérette
C’était bien gentil mais n’valait pas tripette.
Enfin pour achever ce séjour plein de science
Nous allâmes en banlieue pour voir si, par chance,
On trouvait quelque chose célébrant cette fois
Ce qui rendit Xi’an aussi riche : la soie
Il y avait là, de fait un très grand  monument
Célébrant cette route mythique dignement.
C’était mal éclairé, nous étions dans le noir
Malgré ça, dans la nuit nous avons pu le voir.
Il reste encore à Xi’an des tant de visites à faire
Ce sera pour un autre jour, chers supporters
Mais pas demain, c’est pris, en route pour Pingyao
Une très belle ville, une visite au galop.

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